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Bien loué à Paris : quels travaux énergétiques prioritaires ?

Vous louez un appartement parisien classé F ou G ? Le compte à rebours réglementaire est lancé. Voici les travaux à engager en priorité, avec et sans départ du locataire.

Pour un bailleur parisien, la question énergétique n'est plus une option. Depuis 2023, les biens G ne peuvent plus être remis en location. Depuis 2025, les F suivront, et 2028 verra la sortie du parc locatif des E. Pour les bailleurs en IDF, le compte à rebours impose des arbitrages clairs.

Cet article passe en revue les travaux énergétiques prioritaires sur un bien loué à Paris, en fonction du DPE actuel, de la présence ou non du locataire, et du budget disponible.

Étape 1 : connaître précisément son DPE actuel

Avant tout investissement, refaites un DPE récent (post-2021, méthode 3CL) si le vôtre date d'avant la réforme. Les anciens DPE (méthode "facture") sont désormais caducs. Un DPE conforme coûte 100 à 250 €, et c'est le point de départ de toute stratégie.

Demandez aussi un audit énergétique détaillé : il liste les chantiers possibles, leur impact en kWh/an et en classe DPE, et leur coût estimé. C'est ce que propose gratuitement Mandat Énergie pour les bailleurs IDF.

Étape 2 : hiérarchiser selon l'urgence réglementaire

Bien classé G — urgence absolue

Vous ne pouvez plus relouer ce bien sans rénovation. Si le locataire actuel reste, vous gagnez du temps mais vous devez impérativement faire les travaux avant son départ. Sinon, vacance locative définitive jusqu'à rénovation.

Travaux prioritaires : remplacement chauffage si très ancien, isolation combles (en pavillonnaire), VMC double flux, et passage idéalement à E ou D.

Bien classé F — urgence à court terme (2025+)

Vous pouvez encore louer en 2025-2026, mais les nouvelles contraintes pèseront vite. Anticipez les travaux pour passer à E minimum, idéalement à D. C'est aussi le moment de profiter du leasing énergétique pour étaler le coût.

Bien classé E — anticipation nécessaire (horizon 2028)

2028 verra l'interdiction de relouer en E. Si vous gardez le bien à long terme, planifiez la transition vers D ou C dans les 18-24 mois.

À savoir : à Paris, environ 35 % du parc locatif est classé E, F ou G. La pression réglementaire va concentrer l'offre sur les biens C/D dans les 5 prochaines années — ceux qui anticipent gagneront en attractivité.

Étape 3 : choisir les travaux selon la typologie

Appartement chauffage électrique

Cas très fréquent à Paris (logement étudiant, T1-T2). Levier majeur : remplacer les convecteurs par des radiateurs à inertie ou une PAC air-air. Coût modéré (3 000 à 8 000 €), saut DPE quasi systématique.

Appartement chauffage gaz individuel

Si la chaudière a plus de 15 ans, remplacement par PAC air-eau (si techniquement possible) ou par chaudière gaz à condensation moderne. Combinable avec une VMC double flux et l'installation d'une régulation domotique (EMS) pour optimiser les consommations.

Appartement chauffage collectif gaz

Vous ne pouvez pas agir directement sur le chauffage. Mais vous pouvez : améliorer l'isolation intérieure, remplacer les fenêtres si autorisé, installer une PAC air-air en complément, optimiser la VMC. Sur le DPE individuel, ces actions gagnent souvent une classe.

Maison locative en petite ou grande couronne

Configuration idéale pour le bouquet complet : PAC air-eau + isolation combles + PV en leasing + EMS de pilotage. Saut de 2 à 3 classes DPE possibles, transformation totale de l'attractivité locative.

Étape 4 : gérer la présence du locataire

Travaux possibles avec locataire en place

Travaux qui nécessitent le départ du locataire

Pour ces gros travaux, profitez d'une vacance locative naturelle entre deux baux. Voir notre article dédié sur vacance locative à Paris : le bon moment pour rénover.

Vigilance : tout travail en présence du locataire dépassant 21 jours peut donner lieu à une indemnisation. Communiquez par écrit, planifiez, et négociez à l'amiable si besoin.

Étape 5 : optimiser le financement

Trois schémas pour un bailleur parisien :

À retenir : sur un bien loué à Paris, le leasing énergétique est souvent le levier le plus efficace : il permet d'engager les travaux sans toucher à la trésorerie, en sécurisant les revenus locatifs futurs.

Cas concret : T2 à Levallois-Perret

Cas concret : Bailleur, T2 de 45 m² à Levallois-Perret, loué 1 250 €/mois, DPE F (chauffage convecteurs). Locataire en place depuis 4 ans, ne veut pas partir. Solution Mandat Énergie : remplacement convecteurs par radiateurs à inertie + petit split PAC air-air salon. Travaux en 2 jours, accord locataire. Coût 6 800 € en leasing 8 ans (75 €/mois). DPE repasse à D. À la relocation 14 mois plus tard, loyer ajusté à 1 380 €.

Questions fréquentes

Puis-je obliger mon locataire à quitter pour faire des travaux énergétiques ?
Non, sauf travaux d'urgence. Pour des travaux d'amélioration, vous devez attendre la fin du bail, ou négocier amiablement avec indemnisation.
Combien de temps avant la relocation faut-il prévoir les travaux ?
Comptez minimum 6 semaines : nettoyage du logement après départ, travaux énergétiques, refonte DPE, remise en location. Idéalement 8 à 10 semaines pour un confort opérationnel.
Le locataire peut-il refuser une PAC air-air ?
S'il s'agit d'amélioration confort/énergie, le locataire ne peut pas refuser sans motif sérieux. Mais il faut respecter le préavis et la communication. En pratique, la plupart des locataires acceptent volontiers (gain confort + facture allégée).
Les CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) sont-ils cumulables avec le leasing ?
Oui, dans la plupart des schémas. Les CEE viennent en déduction du coût des équipements et améliorent encore l'équation économique.
Faut-il déclarer les travaux à l'administration fiscale ?
Oui, dans votre déclaration de revenus fonciers (formulaire 2044) ou dans les comptes de la SCI. Conservez factures et attestations.
Et si la copropriété refuse l'installation d'une PAC air-air ?
Vous pouvez mettre la question à l'AG. Si elle est refusée pour de bonnes raisons (esthétique, bruit), envisagez d'autres solutions : VMC double flux, radiateurs à inertie, EMS de pilotage.

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