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Décret tertiaire et locatif résidentiel : ce qui se prépare

Le décret tertiaire concerne le non-résidentiel, mais le résidentiel locatif suit son propre calendrier réglementaire avec la loi Climat-Résilience.

Décret tertiaire et locatif résidentiel : ce qui se prépare

On confond souvent décret tertiaire et restrictions locatives résidentielles, mais il s'agit de deux cadres réglementaires distincts. Le décret tertiaire concerne les bâtiments non résidentiels (bureaux, commerces, hôtels, etc.). Le résidentiel locatif suit son propre calendrier via la loi Climat-Résilience. Ce point fait le tri.

Réglementation énergétique : décret tertiaire et loi Climat-Résilience
Deux cadres réglementaires distincts mais complémentaires : décret tertiaire pour les bureaux et commerces, loi Climat-Résilience pour le résidentiel locatif.

Le décret tertiaire en bref

Le décret tertiaire (parfois appelé décret 'éco-énergie tertiaire') impose une réduction progressive des consommations énergétiques des bâtiments tertiaires de plus de 1000 m² : -40% en 2030, -50% en 2040, -60% en 2050 par rapport à une référence.

Cela ne concerne pas le résidentiel locatif. Mais cela donne le ton de la trajectoire réglementaire : l'État pousse à la décarbonation du parc immobilier, secteur après secteur.

Le résidentiel locatif suit son propre calendrier

Côté résidentiel locatif, le cadre est posé par la loi Climat et Résilience de 2021 :

  • Depuis 2025 : interdiction de mise en location (nouveaux baux) des logements classés G.
  • À compter de 2028 : interdiction des logements classés F.
  • À compter de 2034 : interdiction des logements classés E.

Ces dates concernent les nouveaux baux. Les baux en cours continuent jusqu'à leur terme. Mais à la première vacance ou au premier renouvellement, le bailleur doit avoir mis le bien aux normes.

Ce que ça change concrètement pour les bailleurs

Pour un bailleur dont le patrimoine comporte des logements classés F ou G aujourd'hui, deux trajectoires possibles :

  • Subir l'échéance : attendre 2028 (F) ou 2034 (E) pour engager les travaux. Risque : saturation du marché des installateurs à l'approche de la date, coûts en hausse, vacance locative pendant les travaux.
  • Anticiper : engager les travaux dès maintenant, dans un dispositif maîtrisé (Mandat Énergie ou autre), pour transformer la contrainte en opportunité de valorisation.

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Comment le Mandat Énergie s'inscrit

Le Mandat Énergie côté bailleur permet de mettre un logement aux normes énergétiques sans avancer de fonds, en compensant les loyers de portage par les revenus de l'autoconsommation collective. Il s'inscrit dans une trajectoire d'anticipation.

L'enjeu n'est pas seulement la conformité DPE : c'est aussi l'attractivité locative durable. Les biens performants se louent plus vite et fidélisent leurs locataires. Anticiper, c'est protéger le revenu locatif sur la durée.

Questions fréquentes

Les logements occupés en bail en cours sont-ils concernés immédiatement ?
Non. Les baux en cours continuent jusqu'à leur terme. Les restrictions s'appliquent aux nouveaux baux. Mais à la première vacance ou renouvellement après la date d'échéance, le bailleur doit avoir mis le bien aux normes pour le reproposer à la location.
Y a-t-il des aides publiques pour les travaux ?
Plusieurs dispositifs existent (MaPrimeRénov', certificats d'économie d'énergie, éco-prêt à taux zéro pour propriétaire bailleur, etc.). Les conditions évoluent dans le temps. Le Mandat Énergie ne dépend pas de ces aides, mais elles peuvent éventuellement les compléter selon votre situation.
Les biens classés D sont-ils concernés ?
Pas par la loi Climat-Résilience actuelle, qui s'arrête à E. Mais le calendrier réglementaire pourrait évoluer dans les années qui viennent. Anticiper sur les biens D améliore la position face à une éventuelle évolution future.
Qu'arrive-t-il à un bailleur qui ne se met pas en conformité ?
Le bien ne peut plus être proposé à la location en nouveau bail. Le bailleur perd le revenu locatif sur ce bien jusqu'à mise en conformité. Aucune sanction pénale dans le cadre actuel, mais une perte de revenus directe.

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Sources et vérification

Les éléments réglementaires et techniques de cet article s'appuient sur les sources publiques suivantes, consultées le 15/08/2026 :

Les ordres de grandeur cités sont indicatifs. Un gain d'économies ou une évolution de classe DPE dépend du bâti, des usages et du montage retenu : il ne peut être confirmé qu'après étude du bien. Mandat Énergie est un bureau d'études ; les travaux sont réalisés par un installateur RGE partenaire qui porte la garantie décennale.

Article signé par Nicolas Laborderie.

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